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mercredi 9 janvier 2013

Le jour où j'ai rencontré Shirley Moore


Commentaire de la Grande Faucheuse : La mort revêt bien des aspects, surprend sous plusieurs formes, parfois étonnantes. Mais certaines personnes, pour des raisons qui, bien souvent, échappent à leur entourage, décident de partir d'elles-mêmes. Cette histoire est celle d'une dame qui avait décidé que son heure était venue. Et croyez le ou non, mais Shirley Moore ne présentait aucun symptôme de dépression. Bien au contraire, elle était plus sereine et heureuse que jamais.


***


On nous apprend, enfant, que la vie est courte et qu'il nous est donc nécessaire de profiter de chaque minute.
Je n'en ai jamais cru un mot.
Je ne voyais là que des paroles toutes faîtes, moulées à l'attention des Hommes qui souhaiteraient se conforter dans l'idée que leur vie a un sens. Je crois que je l'ai compris le jour où mon père m'a donné ce conseil, avant d'embrasser ma mère et, résigné, de prendre la route pour le travail. Travail qui, quelques mois plus tard, le pousserait à consulter un spécialiste qui diagnostiquerait une profonde dépression nerveuse.
Et pourtant...
Pourtant j'ai suivi le même chemin goudronné que les générations précédentes et me suis forcé à nouer autour de mon cou la cravate réglementaire. Ne me demandez pas comment j'en suis arrivé là. C'était comme ça, voilà tout...
Ainsi, j'en suis arrivé à oublier les dégâts que ce comportement avait causé sur mon père et, bien que désespérément malheureux, j'ai agi comme un homme épanoui. Comme quelqu'un qui se convaincrait qu'il profite pleinement de sa vie trop courte.

Mais voyez-vous, il arrive parfois que sur un chemin obscur, de petites lumières attirent notre attention. Alors nous nous arrêtons un instant et prenons le temps de réfléchir.

La lumière qui a marqué ma vie a pris l'apparence d'une femme. Et notre rencontre a bouleversé mon existence.

Etrange lorsque l'on sait que Shirley Moore avait, ce jour là, décidé de mourir.

Je marchais sur une longue route en pleine campagne sous un soleil brulant. A perte de vue, des champs jaunis par la sécheresse qui s'abattait sur le pays depuis quelques semaines. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a poussé à vers cet endroit précis. Mais c'était là que la route m'avait conduit, alors je m'en contentais. Je n'avais pas de but, j'errais sans réellement savoir où mes pas me mèneraient. Perdu dans mes pensées, il m'a fallu quelques temps pour la remarquer, assise au bord de la route, cette étrange femme.
Alors que je comptais poursuivre mon chemin, tête baissée, sans lui prêter attention, mon regard s'est arrêté sur son accoutrement, peu habituel en cette période de l'année. La dame d'un certain âge semblait ne pas se soucier de la canicule et arborait un long manteau de fausse fourrure beige en piteux état. Installée sur une grosse valise au cuir râpé, elle contemplait le paysage et le gratifiait d'un grand sourire rêveur.
Arrivé à sa hauteur, je ne pus m'empêcher de m'arrêter un instant. Aussitôt, son regard se porta sur moi et elle m'adressa, à mon tour, un grand sourire à moitié édenté. Je lui répondis d'un signe de tête et, avant de partir, m'approchai d'elle.

 - Est-ce que tout va bien madame ?
 - Le mieux du monde mon garçon !

Je n'avais jamais entendu une femme à la voix si rauque. Je pense d'ailleurs aujourd'hui que c'est cette voix qui m'a empêché de reprendre la route. Elle me fascinait tant elle m'était agréable. Ces quelques secondes d'immobilité furent déterminantes car l'inconnue les prit aussitôt pour une grande marque d'intérêt et débuta la conversation.

 - Vous avez l'air épuisé jeune homme ! Faut pas trop marcher avec une chaleur pareille !
 - Je... Vous... Vous portez un manteau de fourrure...

    La vieille dame répondit par un rire que j'aurais pu écouter des heures.

     - Ah mais moi c'est parce que je dois me faire belle ! Tu me trouves belles hein ?
     - Euh... Oui oui, bien sûr. - Allez viens, fais pas ton timide et installe toi ici !

      Plus habitué à éviter les regards des inconnus dans les transports en commun qu'aux rencontres incongrues, j'hésitai un moment. Mais captivé par la personne qui se trouvait face à moi, et par le profond regard bleu clair qu'elle posait sur moi, je me dirigeai vers elle et pris place à ses côtés, sur la portion d'herbe séchée qui bordait la route.

       - Alors mon garçon, c'est quoi ton p'tit nom ? 
      - Vincent. Vincent Lecomte madame. 
      - Ah non ! Pas de madame avec moi ! Moi c'est Shirley Moore ! 
      - Pas très français comme nom... Vous êtes américaine ? 
      - Non, mais j'aimais bien. Avec ce nom là j'ai l'impression d'être une de ces actrices de cinéma !

        Shirley accompagna ses paroles en passant une main dans ses cheveux bouclés blonds et clairsemés avant de rire à nouveau. Interloqué mais amusé, je lui répondis par un léger sourire qui me fut aussitôt rendu.

         - T'as bien l'air triste toi ! Qu'est-ce que tu faisais là tout seul avec ta mallette et ta cravate ? 
        - Ce n'est pas une histoire très intéressante 
        - Et depuis quand une histoire est ennuyeuse mon gaillard ? Allez, raconte la moi !

          Quelque peu embarrassé, je résumai ma situation en une poignée de mots.

           - Je suis pas allé au travail ce matin, ce n'est que ça...

            Shirley fronça les sourcil sans perdre son sourire.

             - Oh allez, je suis certaine que tu peux faire mieux que ça !

              Je baissai la tête, pas certain de vouloir étaler ma vie à une parfaite inconnu. Mais face au regard insistant de Shirley, je ne pus que capituler. Je pense d'ailleurs qu'aucun être humain normalement constitué aurait pu lui résister.

               - Je ne sais pas trop ce qui m'a pris mais en allant travailler ce matin, au milieu de tous ces gens, j'ai commencé à étouffer. J'ai fait demi-tour, je suis rentré chez moi... Et quelques minutes après je suis ressorti. J'avais toujours mes affaires à la main... Un réflexe je crois. Fallait que je m'en aille. Alors j'ai roulé, sans savoir où j'allais. J'ai abandonné ma voiture et je suis arrivé là. 
              - Et ben alors p'tit gars ! C'est bien tout ça ! Un peu de risque et d'aventure, ça fait de mal à personne !

                Je me surpris à laisser échapper un léger rire.

                 - Allez dire ça à mon patron. 
                - Ben quoi ? T'y retournes pas, voilà tout !

                  Je me contentai de secouer la tête pour chasser toute pensée irrationnelle et m'empressai de changer de conversation.

                   - Et vous ? Vous attendez quelqu'un ? 
                  - Y a bien longtemps que j'attends plus personne moi ! 
                  - Alors vous partez ? 
                  - En quelque sorte !

                    Pour seule réponse, je fronçai les sourcils, fort peu enclin à interroger les autres sur leur vie privée – de surcroît lorsque je ne les connais que depuis quelques minutes. Mais Shirley m'intriguait comme personne auparavant. J'avais la profonde envie, sinon le besoin, de savoir qui elle était. Sans en saisir la raison, il me parut essentiel d'en savoir plus sur la rencontre inopinée qui perturbait cette morne journée.

                     - Alors pourquoi cette valise ? Et... et pourquoi vous faire belle ? 
                    - Je savais que tu me trouvais belle ! T'es pas mal non plus dans ton genre !

                      Shirley m'adressa un clin d'oeil avant de reprendre, sans perdre le sourire.

                       - Je n'allais pas m'habiller en guenilles pour mon dernier voyage ! Je veux mourir avec classe !

                        Le choc de cette réponse fut tel que je ne sus quoi répondre. Mais sans perdre sa bonne humeur, Shirley poursuivit.

                         - Fais pas cette tête ! Faut bien que ça arrive un jour. Et moi j'ai décidé que ce serait pour aujourd'hui ! 
                        - Mais vous... Vous... Non ! Ne faîtes pas ça ! 
                        - Comment ça jeune homme ? C'est moi qui décide !

                          Les mots me manquaient. Je voulais convaincre Shirley de ne pas commettre cette erreur mais le peu que je connaissais d'elle m'empêchait de trouver les arguments nécessaires. Alors je me contentai de poser la question la plus simple qui me vint à l'esprit.

                           - Pourquoi ?

                            Avant de répondre, la vieille dame m'adressa un regard attendri.

                             - Sois pas triste, au contraire. Tu sais, ma vie a été une bien belle histoire. Oh tout le monde ne serait pas de mon avis mais moi, j'en suis plutôt fière ! 
                            - Alors pourquoi en arriver là ? 
                            - Je vais te montrer des p'tits trucs qui devraient t'aider à comprendre.

                              Alors Shirley se leva lourdement de la valise sur laquelle elle était assise, et s'agenouilla face à elle. Tandis que je m'en rapprochais, elle en défit les sangles et l'ouvrit. A l'intérieur, je découvris non pas des tas de vêtements mais de nombreux petits objets entassés et des photos.

                               - Regarde ça, me dit-elle me tendant un morceau de papier qui s'avéra être un billet de train jauni. Mon premier voyage. Mes parents avaient pas grand chose mais menaient une vie assez ordinaire pour l'époque. Et moi j'avais envie d'autre chose. Alors j'ai bossé par-ci, par-là pour économiser. J'avais pas de quoi acheter le retour mais j'en avais pas besoin. Aller simple pour la capitale mon p'tit gars ! J'avais dix-huit ans. 
                              - Et qu'est-ce que vous vouliez y faire ? 
                              - Actrice ! J'avais un p'tit nom banal à la française. Et j'me voyais déjà, avec un pseudo à l'américaine, comme une star à Hollywood ! 
                              - Et vous y êtes arrivée ? 
                              - J'ai repris les p'tits boulots avant d'enchaîner quelques castings. J'ai joué dans des p'tites productions d'amateurs... Ah ça, j'ai essayé. Mais j'ai jamais décollé. On m'a pas vue ailleurs que dans des p'tits films projetés pour les copains.

                                Shirley marqua une pause puis fouilla à nouveau dans sa valise pour en sortir une photo.

                                 - Ca c'est John. En vrai il s'appelait Richard mais il aimait pas ça. Il s'est trouvé un autre nom aussi.

                                  La vieille dame sourit quelques instants en contemplant la photo. Emu par la nostalgie qui débordait de son regard, je m'approchai d'elle. Lorsqu'elle reprit, le son de sa voix avait baissé et j'y perçus quelques trémolos.

                                   - Il était beau, mon John. Ah ça... Je l'ai aimée dès que je l'ai vu. Je le voyais souvent, avec les autres novices qui essayaient de percer comme moi. Tous les soirs, on faisait la fête et on regardait le soleil se lever en parlant de notre futur glorieux. J'en ai connu des hommes à cette époque là tu sais. On était plutôt du genre libérés nous, les artistes. Mais John, lui, je l'ai aimé comme personne. 
                                  - Vous en parlez comme s'il était... 
                                  - Mort ? Non. En fait j'en sais rien. Tout le monde s'est mis à lâcher prise. Un à un, tout le monde s'est découragé. On en voyait de plus en plus souvent nous annoncer qu'ils partaient, baluchon sur l'épaule, sans un sou en poche, pour tenter leur chance ailleurs, ou essayer de trouver une autre vie. Le tour de John est venu. Et je l'ai jamais revu. 
                                  - Mais vous l'aimiez...

                                    Sans quitter la photo des yeux, Shirley laissa échapper un petit rire rauque.

                                     - C'est pas pour ça qu'on s'est mariés. Non, John préférait les mecs. Mais je m'en fichais. Je l'aimais, ça me suffisait.

                                      Lentement, Shirley reposa la photo et prit entre ses doigts une petite pièce qu'elle lança et rattrapa.

                                       - Celle-là j'ai voulu la garder. La première p'tite piécette reçue quand j'me suis retrouvée à la rue. J'en ai croisé des gens tu sais. Pas toujours bien sympa. Mais parfois, certains s'arrêtaient et discutaient avec moi.

                                        J'écoutais la vie de Shirley Moore comme si un livre m'était lu. Effaré par ce que j'entendais, mais touché par l'émotion qui transparaissait dans sa voix, j'osais à peine l'interrompre. Ce qu'elle comprit d'un simple regard.

                                         - T'as vu ça ? Je me suis pas ennuyée hein ? Mais soit pas désolé, la rue m'a apporté un sacré lot d'expériences ! 
                                        - Est-ce que... Est-ce que ça a duré longtemps ?
                                         - Si tu savais ! Ca a été dur, surtout au début. Mais après quelques temps, j'ai croisé des personnes qui s'étaient pas laissé aller. Des gens qui rêvaient aussi d'une vie un peu plus colorée. Comme la vie d'acteur, par exemple ! Alors on s'est amusés à faire des p'tites représentations sur les places publiques. Bien sûr pour la plupart des passants, on était juste une bande de clochards complètement bourrés. Mais on a réussi à capter l'intérêt de quelques uns, et on récoltait de quoi se payer un truc chaud à manger à la fin de la journée, et quelques sourires de gosses. 
                                        - Et qu'avez-vous fait après ?

                                          Shirley me gratifia d'un sourire complice.

                                           - Ah tu l'aimes mon histoire hein ?

                                            Je me contentai de lui sourire en retour et la laissai poursuivre.

                                             - On a tous espéré pendant un bon moment qu'à force, quelqu'un nous repèrerait. Mais la plupart des gens savent pas voir plus loin que le bout de leur nez. Alors t'imagines bien que nous, pour eux, on était pas des acteurs. Juste des clodos qui puent la clope et se nourrissent à la bière pas chère. Quand on s'est rendus compte que pour le « milieu » on était pas assez bien, on s'est dit qu'on avait plus rien à perdre. Alors on s'est cassés. On a pris la route et on a joué dans pas mal de ville sur notre chemin. J'peux te dire qu'on a couru, avec tous les flics qui voulaient nous chasser – Shirley éclata d'un rire joyeux – mais on a eu une chouette vie.

                                              La vieille dame stoppa son récit et se tourna vers moi. Je fronçai les sourcil, dans l'attente de la suite. Shirley afficha un léger sourire en coin en constatant mon impatience.

                                               - Si t'attends le moment où je te dis comment je suis sortie de la rue, il viendra pas. Parce que c'est jamais arrivé. J'ai beaucoup voyagé, et les membres de mon p'tit groupe ont succombé, un à un, à la faim ou aux hivers difficiles. J'ai continué à parcourir les routes malgré tout, j'ai passé du temps avec des chouettes personnes... J'ai du me battre, ça a parfois été compliqué. Mais les routes, ça me connaît. Et sur les routes on en rencontre des gens et ça m'a fait tenir. Parce que j'ai eu de sacrées surprises. J'en ai entendu des histoires. Et j'en ai aimé des gens. Ah j'ai aimé. Si tu savais comme j'ai aimé.

                                                Shirley baissa la tête vers les nombreux objets, symboles des étapes de sa vie qui s'entassaient sous ses yeux. Et moi, la gorge fermement serrée sur une boule douloureuse, je contemplai le plus beau des sourires qu'il m'eut été donné de voir. Un sourire léger au travers duquel je pouvais revoir les images d'une vie entière défiler.

                                                 - Pourquoi Shirley... Pourquoi décider de mourir si vous avez été si heureuse ? 
                                                - Justement mon garçon. J'ai été si heureuse... Je veux mourir maintenant, avant que la fatigue et la douleur ne l'emportent sur le bonheur. Ce serait une fin bien plus belle pour mon histoire, non ? 
                                                - Pourquoi maintenant alors ? Pourquoi aujourd'hui ? 
                                                - Parce qu'il y avait bien longtemps que je n'avais pas ouvert cette valise. Et quand je l'ai fait, j'ai réalisé qu'elle était pleine.

                                                  J'oubliai à cet instant tout ce qu'il y avait de noir dans ma vie. J'oubliai que la femme qui se tenait devant moi m'était inconnue encore une heure auparavant et ma main se posa sur la sienne tandis que mon regard implorant se plongeait dans le sien. Silencieusement, elle hocha la tête.

                                                   - Non, ne m'en empêche pas.

                                                    Quiconque m'aurait vu la laisser accomplir son geste m'aurait vu comme un monstre. Il est probable que ces gens fussent de la même espèce que ceux qui, en regardant jouer cette femme en pleine rue, n'avaient vu qu'une marginale alcoolique. Mais moi j'avais compris. Alors je regardai Shirley fermer sa valise et l'empoigner. Puis alors que nous marchions silencieusement au travers des champs asséchés, nous gardâmes le silence pour préserver la beauté de cet épilogue. Je ne savais pas où Shirley se rendait, alors je me contentai de la suivre. Nous ne nous arrêtâmes que bien plus tard, au bord d'un large et profond ruisseau. Alors Shirley se tourna vers moi, me sourit et me caressa la joue.

                                                     - Je suis heureuse, tu sais. Je n'en avais pas espéré tant.

                                                      La vieille dame avança son visage vers le mien et posa un délicat baiser sur mes lèvres.

                                                       - Je n'avais pas espéré aimer une dernière fois.

                                                        Puis enfin, d'un regard, Shirley me signifia qu'il était temps pour moi de m'en aller. Sans trouver les mots, sans trouver la réaction appropriée à l'émotion qui me submergeait, je me reculai. Et avec pour dernière vision la vieille dame de dos, sa valise à la main, je m'éloignai pour rejoindre la route, sans réussir à ignorer le bruit des premiers remous du ruisseau qui emporterait celle qui avait changé ma vie pour son dernier voyage.

                                                        En retournant dans la voiture que j'avais abandonnée bien plus loin, enfin, j'ai pleuré. J'ai pleuré à sanglots comme jamais auparavant. Puis d'un geste frénétique, j'ai ouvert l'attaché-case que, par réflexe, je n'avais pas quitté. J'en ai sorti une lettre rédigée avant de partir à l'aventure. Une lettre à l'attention de ceux que j'aimais, dans laquelle j'expliquais le geste désespéré que je m'apprêtais à commettre. Mon poing s'est serré sur elle et je l'ai déchirée.

                                                        Alors que j'étais venu mourir ici, Shirley m'avait sauvé. J'avais réalisé que mon histoire n'était pas encore assez belle pour que je décide d'y mettre fin.

                                                        Je l'avais compris quand j'avais assisté à la fin d'un film magnifique dont le rôle principal avait été attribué à une femme superbe du nom de Shirley Moore.